Un homme peut aimer votre force

Femme de caractère

Beaucoup de femmes ne se rendent pas compte qu’un nombre de plus en plus élevé d’hommes recherche, de nos jours, des partenaires qui non seulement leur apportent un appui émotionnel, mais soient leurs inspiratrices. Chaque fois que nous disons à une femme que les hommes sont attirés par la force de caractère, elle nous regarde d’un air sceptique. Le mythe qui veut que la femme forte fasse peur aux hommes et réveille leur hostilité est toujours vivace. Pourtant, les hommes ont toujours désiré une femme solide et nourri le fantasme de la « mère universelle ». L’expression : « Derrière chaque homme qui réussit, il y a une femme forte », se révèle souvent juste. L’histoire est remplie de récits sur ces femmes qui furent la force motrice première de leur mari, leurs « éminences grises ». De temps à autre, elles remplissent le rôle de conseillères, de confidentes et même de détecteurs de mensonge; elles comprennent les sentiments véritables de l’homme et utilisent leur intuition pour l’aider à éviter les illusions et les conduites d’échec. Dans notre pratique, lorsque nous nous trouvons en face d’un homme qui vit un conflit dans sa carrière, nous lui demandons toujours : « Que pense votre femme ou votre amie de ce problème? Que pense-t-elle de votre patron ou de votre associé? Comment voit-elle cette nouvelle entreprise, tentante mais risquée, à laquelle vous pensez? » Si nous posons ces questions, c’est parce que nous savons que la femme connaît souvent les forces et les faiblesses de l’homme mieux qu’il ne les connaît lui-même. Nous considérons que le lien qui unit un homme à une femme qui le conduit et l’inspire est le plus puissant et le plus durable de tous. Une telle femme retient un homme, le sécurise et le fascine en même temps.

LES HOMMES ET LA « NOUVELLE FEMME »

Aujourd’hui, plus de dix ans après le début du mouvement féministe, une nouvelle femme est apparue — forte et accomplie, elle s’est faite une réputation dans le monde du travail. Pendant la plus grande partie des années 70, au moment où les femmes luttaient pour l’égalité, les hommes en éprouvaient secrètement du ressentiment et se sentaient menacés par cette « nouvelle femme ». Naïvement, ils croyaient que leur domaine exclusif avait été envahi. Ils pensèrent qu’aux yeux des femmes qu’ils aimaient ils n’occupaient plus une position unique et valorisée. Puis ce fut le début de la grande récession, la crise économique la plus grave que le monde occidental ait connue depuis la grande dépression de 1929. Les hommes en ressentirent fortement l’impact. Pour la première fois, ils se mirent à parler ouvertement de leurs angoisses matérielles et de leur peur de la faillite. Beaucoup de ces hommes se rendirent également compte qu’il devenait évidemment nécessaire que leur femme travaille pour disposer de deux revenus. Les hommes plus jeunes, non encore mariés, découvrirent qu’ils considéraient les femmes avec un regard différent. Au lieu de craindre la nouvelle femme professionnelle, ils commencèrent à la regarder comme une associée, quelqu’un qui pouvait partager le fardeau, les aider à joindre les deux bouts. Les hommes se mirent à voir en elle non seulement une partenaire au niveau matériel, mais également dans le domaine psychologique. Le monde du travail n’était plus hors de portée de la femme ni mystérieux. Les femmes étaient là, avec les mêmes rêves; les mêmes buts et les mêmes frustrations qu’eux. Elles savaient de quoi il retournait. Et les hommes savaient qu’elles savaient. Aujourd’hui, nous abordons une phase nouvelle, riche en potentialités. Les femmes qui sont fortes et qui réussissent sont, très souvent, supérieures aux hommes en compétence, capacité financière et sagacité. Tout ceci était en grande partie déjà vrai dans le passé, mais maintenant les femmes n’ont plus le sentiment qu’elles doivent dissimuler leur force aux yeux des hommes. Les hommes commencent aussi à reconnaître les pouvoirs intuitifs de la femme et la valeur qu’ils représentent dans le travail. Alors qu’ils ont tendance à être trop rationnels et trop logiques, les femmes sont souvent plus aptes à combiner la pensée rationnelle avec l’intuition et la perception des réactions physiques des gens et de ce que leurs paroles sous-entendent. C’est une qualité unique qui peut servir de complément puissant à la manière de penser des hommes, plus tranchée : juste/faux, bon/mauvais. De nombreuses femmes aujourd’hui sont très à l’aise quand il s’agit d’utiliser à la fois leur intelligence et leurs qualités intuitives pour créer, résoudre des problèmes, négocier des affaires ou diriger des employés. Et elles expriment ce style exclusivement féminin pour traiter des affaires de façon directe ; elles ne se conforment plus au vieux modèle proposé aux femmes qui voulaient réussir, à savoir : « Si vous voulez réussir dans un monde d’hommes, vous devez vous adapter à ce monde : vous habiller comme un homme, penser comme un homme, parler comme un homme et agir comme un homme. » La plupart des femmes découvrirent qu’elles ne se sentaient pas à l’aise lorsqu’elles imitaient le modèle masculin, que les hommes n’aimaient pas les femmes qui semblaient des caricatures d’eux-mêmes et, par-dessus tout, que leurs succès réels ne s’en trouvaient pas rehaussés absolument. Nos remarques ne concernent pas seulement celles qui ont une vie professionnelle, mais aussi les femmes au foyer et les mères à temps complet. Indépendamment de la voie qu’elles ont choisie, les femmes au foyer peuvent être aussi libérées psychologiquement que celles qui ont décidé de faire carrière. Elles sont conscientes, cultivées et n’ont pas peur d’exprimer leur force. Elles aussi sont vues par les hommes sous un jour nouveau et fantastiquement favorable. Il y a cinq ou six ans, nous n’aurions pas fait ces remarques avec la même assurance. Mais, compte tenu du fait que la « nouvelle femme » qui apparaît apprend à équilibrer l’expression libre et directe de sa force et de sa compétence avec sa richesse d’amour et de tendresse, les hommes en fin de compte acceptent qu’elle joue un rôle de plus en plus important dans leur vie. Des quantités d’hommes admirent et adorent la « nouvelle femme ». Elle peut être indispensable à un homme. Elle influence non seulement sa vie personnelle et émotionnelle, mais aussi sa carrière.

LES HOMMES SONT RÉCEPTIFS

Une nouvelle maire pour Rome

Si vous dites à un homme que vous venez juste de rencontrer que vous pourriez l’aider à devenir l’homme qu’il rêve d’être en l’inspirant, il y a de fortes chances qu’il se montre sceptique. La plupart des hommes ont été conditionnés pour croire qu’ils doivent garder la haute main sur une relation en matière d’argent et de pouvoir. Ce message leur a été transmis non seulement par notre culture en général, mais aussi, de manière plus spécifique, par les femmes elles-mêmes, en fonction de leurs aspirations. Les hommes connaissent très bien les fantasmes féminins du Prince Charmant et savent que certaines femmes veulent être la princesse, pas la reine. Dans le passé, les hommes dont la femme était forte étaient souvent ridiculisés par leurs pairs mais aussi par les femmes. On les disait « menés par le bout du nez » ou, pire encore, « castrés ». Le commentaire péjoratif classique sur de tels mariages était : « Vous savez bien qui porte la culotte dans cette famille ! » Alors même que ces attitudes sont en train de changer, des appréhensions aussi profondément ancrées ne sont pas facilement évacuées même par les hommes dits « libérés ». C’est pourquoi le fait d’aimer une femme solide, qui vous motive et vous inspire, ne fait pas encore l’objet de conversations courantes. Les hommes que ce type de femme attire répugnent à faire largement connaître leurs désirs et leurs attirances. Afin de comprendre les inquiétudes des hommes dans ce domaine, rappelez-vous combien il est pénible pour les femmes de renoncer au fantasme romanesque de l’homme idéal. Sur un plan intellectuel, elles y renoncent facilement aujourd’hui, mais cela leur est encore difficile à un niveau émotionnel et psychologique plus profond. De même, les hommes ont du mal à rejeter les stéréotypes sur la conduite « masculine » à tenir face à une femme. En se rappelant cela, on comprendra pourquoi, lorsqu’un homme rencontre une femme qui possède le dynamisme, la perspicacité, l’intelligence qui lui permettraient de le guider, il a du mal à « se rendre ». « Se rendre » : c’est exactement le mot qui convient, car c’est précisément ce que ressent un homme qui laisse une femme le conseiller. Nous avons tous été sur nos gardes ou sur la défensive, lorsque nous donnons à quelqu’un d’autre le pouvoir de nous aimer ou de nous approuver. C’est effrayant; cela nous angoisse. Pourtant, quand nous permettons cela, même si l’être investi de ce pouvoir nous apprend quelque chose qui nous amène à nous sentir stupide au début, ou critiqué, nous nous sentons soulagé. Ce n’est jamais aussi dur que nous le pensons. C’est exactement le sentiment qu’éprouvent les hommes et contre lequel ils luttent lorsqu’ils permettent à une femme d’avoir plus d’autorité et de « prendre le pouvoir ». Les hommes qui découvrent cela—et ils sont assurément de plus en plus nombreux — en tirent un net profit. Ils sentent qu’ils ne sont pas seuls. Non seulement ils ont une compagne qui les comprend, les accepte, qui est leur amie, mais aussi une vraie partenaire. Ils en éprouvent un extraordinaire sentiment de soulagement ; il existe enfin quelqu’un avec qui ils peuvent partager leurs fardeaux, leurs rêves, leurs anxiétés et leurs espoirs. Ils ont l’impression d’être plus grands, comblés, plus forts. Paradoxe intéressant : alors même que les hommes manifestent, c’est certain, une résistance bien ancrée lorsqu’il s’agit de céder le pouvoir et l’autorité à une femme, il est encore plus facile pour eux d’accepter d’être dirigés par des femmes que par d’autres hommes, à condition qu’ils se sentent sécurisés et qu’ils aient confiance. Lorsqu’une femme a une attitude d’acceptation vis-à-vis d’un homme, celui-ci peut dévoiler sa profonde vulnérabilité. (Avec un autre homme, à moins que ce ne soit un ami particulièrement proche, cette intimité ne peut exister, car l’homme se sent toujours en compétition ou a peur que l’autre ne profite de la situation.) Les hommes qui ont ce type de relation avec une femme sentent qu’elle les connaît mieux que quiconque. Et, en général, ils ont raison de le penser.

La partenaire

Michèle et Mathieu célèbrent le premier mois sans dettes de leur station de radio. Ils ont acheté cette station de radio FM dans cette région montagneuse il y a juste huit mois. A ce moment-là, elle était nettement « dans le rouge » par suite d’une mauvaise gestion. Michèle et Mathieu changèrent le programme et diffusèrent des variétés, ce qui leur valut un nombre de plus en plus grand d’auditeurs et d’annonces publicitaires. Michèle, trente-six ans, commença sa carrière radiophonique dans les programmes d’informations et finalement devint une journaliste de télévision très connue, dans une grande ville. Elle fut brusquement renvoyée de la chaîne qui l’employait, un peu plus tard, lorsque celle-ci fut rachetée. Mathieu, trente-quatre ans, était directeur des ventes de la même chaîne. Ils se marièrent quelques mois seulement après s’être rencontrés. « Les femmes qui sont très connues, pour une raison ou une autre, ont souvent droit aux attentions des hommes, mais pas toujours motivées par les meilleures intentions, dit Michèle. Ils veulent être vus avec vous ou être en mesure de dire qu’ils ont couché avec la femme qui présente les nouvelles sur la 5e chaîne. Dès le départ, Mathieu et moi, nous nous sommes bien compris. Et travailler dans le même domaine a été un véritable avantage pour nous. » Ils avaient souvent parlé de se retirer de la course folle de la ville et de s’installer à la campagne, avaient participé à plusieurs congrès de télévision et de radio pour connaître à fond les problèmes liés à l’exploitation d’une station. Lorsque Michèle fut renvoyée, ils décidèrent de réaliser leur rêve. Michèle et Mathieu travaillent maintenant, au sens propre, côte à côte, dans les minuscules bureaux de leur station de radio. Chacun, à tour de rôle, présente les disques et joue le rôle de l’invité dans les débats ou les émissions politiques. Mathieu est incroyablement fort au niveau des ventes et Michèle est sans doute son « employée » la plus dévouée. Michèle affirme d’ailleurs : « Oui, je peux dire que j’ai une totale confiance en lui quand il s’agit de vendre. » « Bien sûr, comme tout couple qui décide de monter une affaire ensemble, nous craignions que cela ne pèse trop lourd sur notre mariage. Mais, jusqu’à présent, c’est formidable. Nous sommes ici, dans ces montagnes magnifiques, nous nous débrouillons financièrement et l’affaire prospère, raconte Mathieu en ajoutant : Je ne pourrais pas être plus heureux : avoir pour associé quelqu’un que j’aime ! Cela nous rapproche de plus en plus ; nous cherchons ensemble ce qui marche et ce qui ne marche pas dans le travail. Nous apprenons au fur et à mesure comment nous entraider mutuellement, comment équilibrer nos forces et nos faiblesses pour faire une bonne équipe. Son enthousiasme m’inspire complètement. Quand je deviens nerveux, elle s’en rend compte, m’embrasse et nous en parlons. » De son côté, Michèle dit : « Je vais donner un conseil aux couples qui pensent monter une affaire ensemble, c’est de conclure un pacte selon lequel aucun d’eux ne parlera travail une fois rentré à la maison. Au bout de quelques mois, Mathieu et moi commencions à nous faire du mal, à être irritables. Maintenant, nous essayons de nous détendre quand nous sommes à la maison, de ne plus penser boulot. Car, si, faute de temps, nous n’arrivons pas à nous ressourcer et que notre mariage s’effondre, cela sera la fin de cette superbe vie que nous avons à l’heure actuelle. »